Bale - Avril 2004
L'Alsace
Kris Seraphin, temoin des femmes Algues


La Libanaise Kris Seraphin-Lange et son appareil Hasselblad se quittent rarement.
Ce qui nous vaut, au Triangle de Hunningue, des photos de rêve.
Elle est aussi aérienne et parfumée que ses photos de rêve, exposées jusq’au 30 mai au triangle de Huningue.
L’invitée de Elisabeth Hancy, chargée des exposition, Kris Seraphin-Lange, a fait une très brève apparition, avant le vernissage, pressée de renter, pour des raisons de santé, à paris.
Nous l’avons cueillie au passage.
Libanaise née au Caire , elle vit au Liban de l’age de 3 ans à 22 ans, pays avec lequel elle a des liens passionnels, puis en 1990 en France, épouse d’un reporter photo.
Etudes d’arts graphiques ensuite graphiste dans la presse Parisienne
(Paris-Match,Vogue, Beaux arts).
Elle devient photographe independante en 1998.
Son appareil Hasselblad collé contre son plexus solaire, devient l’outil de sa lente transformation, le pretexte a une auto thérapie, un lieu d’exorcisation de douleurs anciennes, rempart contre les chocs émotionnels et affectifs.
Elle expose à Paris, au Liban et reconnue pour la beauté et la douceur intime, laiteuse, ouatée, quasi palpable, de ses fragments beige de nus féminins, oniriques.
Gracieuse, légère, mouvante, sensibilité à fleur de peau, de mimiques et de gestes, eteinte, extenuée, puis lumineuse,
Kris Seraphin-Lange porte son univers.
“ Je suis très aquatique, fascinée par cette mer/mére, voluptueuse, vampirique, qui nous berce, nous enveloppe et nous terrifie.
Tout est flou dans ma tête. La photo me permet de comprendre, de realiser et de fixer des repères. Mais je veux préserver sa partie d’inconscience, un espace de flottement. Dans mes photos, je désire suggérer pour que les autres pénètrent mon univers en denant libre court a leur imaginaire. Pour moi, la photo, est magique. Elle me cadre. Elle est aussi purification; elle va a l’essentiel.. ”
Les 16 photos 80x60 cm tirés sur baklite, on les voit recto verso sur les vitres du couloir d’exposition du TRIANGLE, changeantes selon la lumiere, minute après minute, racontent dans l’imaginaire des coloris intenses et chatoyants, les femmes algues de l’ile océanienne de Zanzibar.
L’immensité bleue de l’Océan, barrée à l’horizon par une barrière de corail, avec quelques points noirs…
Sur la plage de Matemwé, je me suis approchée, et j’ai vu, fascinée, des femmes assises dans l’eau, qui filaient leur corde dans la mer pour etendre leur récolte d’algues. Plus loin, je découvre des kilomètres de récifs couverts de lambeaux de tissus colorés”
Des lambeaux de coton aux vives couleurs,  accrochés aux alvéolaires rochers menaçants sont ainsi immortalisés par l’objectif.  Ainsi s’efface l’homme pour que vive la nature, tandis que la photographe quitte la réalité pour plonger dans le réel de l’imaginaire, par delà la barrrière de corail. Un nouveau voyage commence.        MIFA PIVOT-Smigielski