Arles - Mai 2012
Le point.fr
Exposition Hamra-Vermillon



Arles met à nu des photographes Par JÉRÔME BÉGLÉ

Ces danseuses que l'on croirait sorties d'une peinture sont le travail de Kris Seraphin-Lange, exposée au festival de la photo de nu.

Y a-t-il une littérature de droite et une littérature de gauche ? Y a-t-il une peinture européenne et une peinture américaine ? Y a-t-il un oeil photographique masculin et un autre féminin ? Ces querelles byzantines agitent à intervalles réguliers le monde des arts. On cite en exemple (ou en contre-exemple) Camille Claudel, qui travailla alternativement sans différence notable de style pour Rodin ou pour elle-même. Le nu est souvent le juge de paix de ces questions éternelles. La grâce serait l'apanage d'un sexe, et l'autre se partagerait les miettes. Guère convaincante, cette observation trouve néanmoins son sens quand on regarde de près le travail de Kris Seraphin-Lange.

Un travail au Hasselblad moyen format

Ses femmes qui ne se montrent jamais dévoilent pourtant tout leur corps, virevoltent avec retenue et pudeur. Fesses, cuisses, poitrines, hanches, taille..., rien n'est net, mais tout est précis, esthétique, parfois dérangeant. Ces danseuses descendantes deDegas et de Toulouse-Lautrec ne sont pas nées sur un chevalet par l'accouplement des couleurs d'un génial peintre. Elles sont tout droit sorties de l'Hasselblad de cette jeune photographe trentenaire et multiculturelle au nom prédestiné, Kris Seraphin-Lange. Libanaise d'éducation, Égyptienne de naissance et Française de culture, elle mêle toutes ces influences dans son travail qui combine la puissance et la beauté des émotions au service d'une photo apaisante et immensément créative.


Kris Seraphin-Lange expose Hamra-Vermillon, espace Van Gogh, au 12e festival européen de la photo de nu, regards sur le corps, à Arles jusqu'au 20 mai.